Avis sur le jeu Red Steel 2

Nous faisions partie des rares à avoir apprécié le premier Red Steel. Le titre était largement imparfait et possédait une pelletée de défauts, mais l’expérience s’est avérée grisante, à nos yeux. Et aujourd’hui, une suite bien mieux bossé débarque. Vous devez déjà deviner notre verdict.

red-steelLes premiers instants dans l’univers de Red Steel 2 ne sont guère convaincants. La direction artistique donne un cachet certain au soft, en mélangeant allègrement les univers western et samurai. Pourtant, si le côté esthétique peut plaire (malgré quelques fautes de goût), la technique se révèle loin d’être transcendante. On a beau être face à un titre en cell-shading, on retrouve une modélisation sommaire, un level design peu inspiré et une progression assez linéaire. Le scénario et les dialogues sont du même acabit. Mais l’explication est simple : Ubisoft a décidé de se concentrer sur le gameplay, quitte à laisser au placard les autres composantes (même si le jeu devient de plus en plus joli au fil de la progression).

Nous voici face à la grande force de Red Steel 2 : son système de combat. Lorgnant du côté du beat them all plus que vers le FPS, l’architecture du soft se concentre autour de joutes à mener. Vous vous baladez librement dans des niveaux plutôt vastes. Vous vous rendez chez vos alliés afin de récupérer une mission et vous suivez la flèche verte afin d’arriver sur les lieux. Si les phases de déplacement se résume souvent à errer seul dans la ville, en shootant à droite à gauche les cartons et tonneaux qui jonchent les rues afin de récupérer de l’argent, vous tomberez souvent sur des petits groupes qu’il faudra battre pour continuer. A ce moment, le Wii Motion Plus fait état de son utilité. La restitution des mouvements est de très bonne qualité. Le décrochage guette seulement si vous y allez un peu trop bourrin en moulinant les bras n’importe comment. Car même si l’approche « excitée » peut donner de bons résultats, il est largement conseillé d’utiliser les techniques et mouvements spéciaux appris auparavant. D’abord pour boucler les combats plus vite et ainsi diminuer la probabilité de prendre un mauvais coup, ensuite pour récolter des bonnes notes de style, qui se traduisent par le remplissage de votre porte-monnaie. Cet argent vous permettre de vous acheter de nouvelles techniques de sabre, d’upgrader vos armes et armures ou d’allonger votre barre de vie. Autant dire que la monnaie ne sera pas un facteur limitant tellement elle coule à flot. Passé la moitié du jeu, votre personnage deviendra un tank sur patte, capable de mettre à mal n’importe quel ennemi. De base, le jeu n’est pas foncièrement difficile, alors imaginez une fois votre perso en possession de tout l’attirail du parfait guerrier. Étrangement, cet état de fait se accroit encore le potentiel fun du jeu.

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Si l’appréhension des techniques de combat paraît de prime abord un peu compliquée et qu’on se mélange facilement les pinceaux dans les premières heures de l’aventure, on prend peu à peu ces marques, on jauge la précision du katana (vos armes à feu deviendront assez vite inutile, étant donné que les ennemis seront capables de stopper les balles avec leur sabre) et on assimile tous les coups disponibles (pouvoirs offensifs, coups rapides, horizontaux ou verticaux, parade, etc.). Comme dit auparavant, on se situe plus dans un ersatz de beat them all, où chaque coup demande une manipulation particulière pour fonctionner et même un certain timing. Et c’est tant mieux : les combats deviennent un peu technique et très jouissif. A noter que certains finish moves sont à votre disposition pour achever un ennemi avec classe. Mais attention, pour que cela fonctionne à merveille, il faudra veiller à jouer le jeu un minimum. Pas question ici d’effectuer des petits mouvements du poignet comme dans Zelda Twilight Princess . Non, ici il faut y mettre un poil de conviction, d’autant que l’amplitude de vos gestes se répercute sur la force de votre coup. Les adeptes du roleplay seront ravis.

Malgré un scénario gadget et un bilan technique plutôt moyen, Red Steel 2 s’en sort avec les honneurs grâce à sa direction artistique singulière et sa gestion des combats. Plus proche de phases d’arcade, matinée de beat them all, le gameplay dévoile ses subtilités au fur et à mesure de l’avancée pour devenir complètement jouissif par la suite. Pour parachever le tout, la durée de vie se montre à la hauteur (9 heures, voire plus pour boucler toutes les quêtes annexes). Red Steel 2 nous rappelle que la Wii peut accueillir des expériences gamers pointues, tirant partie de ses spécificités. On l’avait presque oublié…

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