Zelda 2 : The Adventure of Link… 20 ans plus tard

Zelda 2 : The Adventure of Link est mon premier amour vidéoludique. Le jeu sur lequel j’ai fait mes premières armes de gamer. Quand je l’ai redécouvert sur la console virtuelle de la Wii, j’ai eu l’impression d’être percuté par un 38 tonnes… Que de souvenirs ! Les jeux vidéo, c’était mieux avant ?

Souvenirs, souvenirs…

Depuis quelques temps, j’étais un peu las du tumulte vidéoludique ambiant, passablement agacé par les innombrables sorties marketées des derniers blockbusters du secteur. Je ressentais le besoin de me revitaliser (comme les filles dans les pubs pour les shampoings), de retourner aux sources du jeu, à l’essence du gaming… … mouais… … Pour être tout à fait honnête et puisqu’on est entre nous, j’étais grave en galère de tunes et je me les mangeais de pas pouvoir acheter Uncharted 2 et Fifa 10 direct… Je crois même que j’en ai pleuré.

N’écoutant alors que l’écho de mes sanglots ricochant immuablement contre les parois de mon porte-monnaie, je décidai de faire contre mauvaise fortune bon cœur (encore une expression de loser) et de me tourner vers la Console Virtuelle. Je sortis donc mon plumeau… pour dépoussiérer ma Wii, et je parcourus le catalogue. On peut dire beaucoup de mal de la dernière machine de salon de Nintendo, mais cette Console Virtuelle… Quel bonheur ! Une caverne d’Ali Baba (Carte Bleu, ouvre-toi) ! Un champ de possibles infini. Après des dizaines de minutes à tourner en tout sens, indécis comme un obèse diabétique dans une pâtisserie, je tombai sur LE hit de mon enfance. Le trésor qui me fit découvrir le jeu vidéo et mes premières émotions pixellisées. You’re The first, The Last, My Everything ! résonnait dans ma tête.

zeldaContre 500 points Wii, je téléchargeai donc Zelda 2 : The Adventure of Link (sorti en novembre 1988 sur NES). Confortablement installé dans mon canapé, wiimote aux aguets, je cliquai sur « Démarrer ». A l’instant même où les premières images, les premières notes du jeu me parvinrent, je me sentis happé par la télé et fis un bond de vingt ans en arrière… J’ai huit ans, les dents cariées, un pyjama trop petit, des pantoufles avec des oreilles de lapin, une manette à la main et l’air idiot. Nous sommes lundi, il est 6 heures du matin et je suis dans le salon de mes parents en train de jouer sur l’unique télévision de la maison (qui, en plus, n’a même pas de télécommande… la préhistoire quoi). Et ouais !… J’aimais tellement Zelda 2 que je me levais aux aurores en semaine pour pouvoir jouer avant d’aller à l’école (en faisant bien entendu l’impasse sur toute la partie « débarbouillage-petit-déjeuner-brossage de dents »… d’où les caries).

Ce voyage spatio-temporel impromptu m’a permis de prendre conscience de l’importance des jeux vidéo dans nos vies de gamers. Tout comme une rencontre, un lieu, une chanson, une saveur, un parfum… les jeux vidéo sont des petites balises dans notre mémoire paresseuse qui, dès qu’on les stimule, nous renvoient un camion de souvenirs jusque-là alanguis.

En bref, les jeux vidéo font définitivement partie de nous, de notre petite histoire… comme une croix directionnelle gravée au canif dans l’écorce d’un platane.